
Lundi soir, j’ai repris les cours de danse.
Retrouver ces femmes qui aiment danser, se retrouver, être ensemble, et s’offrir des moments de ressourcement profond, dans leur corps autant que dans leur tête.
Et c’était profondément juste.
Comme à chaque séance, je ne prépare pas un cours à l’avance.
Pas de chorégraphie, pas de suite de pas à reproduire, pas d’enchaînement figé.
Ici, la danse n’est pas une performance.
Elle est un chemin.
Un chemin pour que le corps se sente bien.
Pour qu’il se sente vivant.
Ma pratique est basée sur la respiration consciente, le retour au corps, à l’espace du psychopéristaltisme — ce lieu où les émotions se digèrent, ce second cerveau que l’on n’écoute pas assez, que l’on n’éduque presque jamais, alors qu’il est fondamental.
Quand cet espace n’est plus habité, le corps se fige, vieillit, devient raide.
À l’intérieur, il n’y a plus de place.
Comme une boîte de sardines où tout est tassé, serré, contraint à rentrer dans le moule.
Dans mes cours, le propos est tout autre.
C’est la liberté du corps.
Le retour au vivant.
La présence.
L’espace.
L’expression de soi.
Le cadeau de cette soirée, ce sont les mots reçus.
« D’habitude, je suis plutôt fainéante, en mode canapé… mais avec toi, j’ai envie de bouger. J’ai envie de m’exprimer. J’ai envie de danser. Et c’est super important pour moi. »
Une autre femme, dont le corps connaît la douleur, me dit qu’ici elle ose bouger.
Parce que ça lui fait du bien.
Parce qu’elle n’a pas peur d’avoir mal après.
Ce n’est pas comme ailleurs, où elle se retient.
Ici, c’est fluide. Et elle adore.
Une autre encore parle de liberté retrouvée.
De choses qui se sont décoincées en elle.
Et du plaisir de revenir.
Et puis cette femme de plus de 80 ans, écoutant ses amies parler de leurs douleurs du quotidien, me regarde en souriant et me dit :
« Moi, rien. Je n’ai pas mal dans mon corps. »
Depuis plus de 12 ans que nous nous connaissons.
Alors oui, ce soir-là, j’ai senti profondément pourquoi cette danse est une ressource à l’état pur.
Une danse pour soi.
Une danse qui apporte exactement ce dont le corps a besoin.
Ici, on ne passe plus par le mental.
On emprunte un autre chemin.
Celui d’une meilleure santé, d’une connexion au corps vivant, à ce souffle de vie qui libère ce qui pèse.